Sur le terrain : paroles de vignerons alsaciens
Sur le chemin des vins nature en Alsace, la diversité de pratiques frappe. Chez Patrick Meyer, pionnier d’acharnement sur la commune de Nothalten, le SO₂ est banni depuis 1999 — “Au début, une vraie prise de risque : des vins parfois plus fragiles, mais une sincérité du terroir retrouvée”. À Mittelbergheim, chez Jean-Pierre Frick, la philosophie est similaire : “Notre job, c’est d’accompagner la nature, pas de la corseter.”
Dans la cave familiale de Barmès-Buecher, on explique pourquoi une once de sulfites parfois, à la mise, reste un geste sécurisant : “Les années chaudes, le vin encaisse. Mais certains lots, instables ou destinés à voyager, bénéficient d’un filet protecteur... juste assez pour préserver la typicité, sans masquer l’esprit du lieu.”
- Beaucoup de vignerons alsaciens “nature” font donc le choix du zéro sulfite quand la vendange le permet.
- Par contre, si la chaleur manque ou si une population levurienne indésirable apparaît, mieux vaut micro-doser et sauver la cuvée que la voir s’altérer.
Détail cocasse : selon une enquête menée par le magazine Vitisphere, le Japon est aujourd’hui un des plus grands exportateurs et défenseurs des vins nature… mais exige le plus souvent une minuscule dose de SO₂ pour garantir stabilité lors du fret maritime.