Les grands types de pressurage : une promenade entre tradition et modernité
Le pressurage vertical à l’ancienne—poésie mécanique
Dans certains villages, au petit matin, il arrive que l’on sente encore le parfum d’une cave où sommeille un pressoir à cage, vertical, tout droit sorti du XIXe siècle. Ici, le raisin prend son temps. Installé entre deux plateaux, il se livre lentement sous la pression d’une vis de bois ou de métal, délivrant des jus peu oxydés, clairs, presque dorés.
- Le saviez-vous ? Le pressoir vertical “à cliquet” est parfois utilisé pour le Crémant d’Alsace. Cette méthode traditionnelle, exigeant jusqu’à 3 heures de pressurage très doux (source : CIVC), permet d’obtenir des jus fins, faiblement teintés, essentiels pour la mousse et l’élégance du Crémant.
- Certains domaines, comme Meyer-Fonné à Katzenthal, possèdent encore ces géants que l’on renomme parfois “presses monumentales”.
Le pressurage pneumatique—modernité tout en finesse
Aujourd’hui, la majorité des domaines et caves coopératives alsaciens emploient le pressoir pneumatique. Il s’agit d’une grande cuve horizontale dans laquelle un cylindre gonflable vient, par étapes, presser le raisin très progressivement.
- Ce type de pressurage, utilisé de façon quasi systématique depuis les années 1990, permet une extraction précise, limitant l’écrasement des pépins et pellicules, ce qui réduit l’amertume potentielle (source : Institut Français de la Vigne et du Vin).
- On peut programmer plusieurs cycles, en jouant sur la pression et la durée, pour préserver au maximum la fraîcheur aromatique des Rieslings ou Pinot gris.
- Un pressoir pneumatique moderne peut traiter de 1 à 50 tonnes par cycle, selon sa taille !
Le pressurage direct des grappes entières—l’expression crue du terroir
Spécificité locale : beaucoup de maisons, y compris de petites propriétés, choisissent de presser les raisins blancs entiers, sans égrappage préalable. Une tradition alsacienne, respectée surtout pour les Grands Crus, où la délicatesse du jus prime sur la quantité.
- Cette méthode accroît la vivacité des jus, limite l’extraction des composés végétaux, et préserve la dimension variétale de cépages réputés capricieux comme le Sylvaner ou le Gewurztraminer.
- Elle s’est imposée à partir des années 1970, portée par la volonté de privilégier l’élégance à la puissance.
Les pressoirs en continu : quand la cadence s’accélère
Plus rares dans le vignoble alsacien de tradition, ces pressoirs (dits “à vis sans fin”) permettent des pressurages en flux quasi ininterrompus. Principalement utilisés en coopérative pour les très gros volumes, ils servent surtout lors de vendanges abondantes (souvent pour des cuvées d’entrée de gamme).
- Leur principal défaut réside dans un contact élevé entre le moût et l’air, à l’origine de risques d’oxydation, mais des progrès techniques ont permis des améliorations notables.