Un héritage de vins clairs… et des couleurs qui s’assument
Longtemps, le pinot noir d’Alsace a affiché le costume discret du rosé – fruit de macérations courtes, donnant des “rouges” pâles, accessibles, très loin des textures charnues de Bourgogne. Une tradition héritée du goût local et du passé des Caves coopératives, mais aussi de contraintes climatiques : il y a encore 30 ans, on craignait que ce cépage ne mûrisse pas totalement sous nos latitudes.
Mais tout change dans les années 2000 : réchauffement climatique, vignerons audacieux, et technologie en cave permettent de viser plus haut. Aujourd’hui, 60 % du pinot noir alsacien affiche une couleur rubis plus marquée (chiffre : Conseil Interprofessionnel des Vins d’Alsace), fruit d’une extraction plus longue, d’un éraflage soigneux ou d’élevages sous bois maîtrisés.
Ici, les rouges s’affranchissent – couleur, tannin, complexité. Et parfois, la surprise d’une bouteille qui se hisse sans rougir face à la Bourgogne.