Un parfum de fête sur les coteaux : petite histoire du crémant rosé alsacien
Parmi les ruelles pavées d’Eguisheim ou sur les sentiers entre Ribeauvillé et les vignes coiffées de brume, on entend parfois crépiter quelque chose d’inattendu : une bulle légère, une effervescence rosée. Le crémant rosé d’Alsace s’invite à toutes les tables, mais ses racines plongent dans l’histoire discrète, mais tenace d’un cépage : le pinot noir.
Si l’Alsace brille autant par ses blancs, c’est le pinot noir qui, depuis des siècles, joue les rebelles adossé aux pentes granitiques et gréseuses. Introduit au Moyen-Âge par les moines, il connaît un renouveau dans les années 1970, lors de la relance du crémant (source : CIVA - Conseil Interprofessionnel des Vins d’Alsace).
La mention “crémant d’Alsace” naît officiellement en 1976. Rapidement, le crémant rosé — exclusivement issu du pinot noir ici — s’impose comme le compagnon festif des grandes occasions régionales et locales. Sa production explose : aujourd’hui, le crémant représente environ 27% des vins d’Alsace produits, soit plus de 33 millions de bouteilles par an (CIVA, 2023), et le rosé compte pour près de 15% de ces volumes, un chiffre en constante hausse.