Balade effervescente : découverte du crémant signé Kuentz-Bas à Husseren-les-Châteaux

2 septembre 2026• par Élodie et Julien

À la lisière de la forêt, la vigne bruisse : l’âme de Husseren-les-Châteaux

Flâner sur les hauteurs du vignoble alsacien, c’est accepter de perdre la notion du temps au fil des pentes baignées de lumières douces. Husseren-les-Châteaux, ce perchoir minuscule à 400 mètres d’altitude, au sud de Colmar, commune la plus élevée de la fameuse Route des Vins, observe la plaine d’Alsace comme un guetteur éternel. Ici, le vent souffle dans les travées, le soleil caresse les ceps, et la forêt vosgienne, à portée de main, sculpte un relief propice à la culture de la vigne.

C’est dans ce décor de carte postale, gardé par les silhouettes des imposantes ruines médiévales, que s’épanouit le domaine Kuentz-Bas. Maison fondée en 1795, traversant les âges et les guerres, elle incarne ce que le mot “tradition” signifie vraiment en Alsace. Au fil de ses 10 hectares, principalement en biodynamie, le vignoble coule du flanc du Pfersigberg jusqu’au plateau du Eichberg — autant de terroirs classés Grands Crus qui murmurent la singularité des vins.

Qui est Kuentz-Bas ? Héritage, vision et choix du bio

Avant de faire sauter le bouchon, plongeons dans l’histoire : cette propriété familiale, née de l’union de deux dynasties viticoles, Kuentz et Bas, s’est toujours démarquée par un respect pointilleux des terroirs de Husseren-les-Châteaux et alentours. Depuis 2004, Kuentz-Bas s’est converti à la biodynamie (certification Demeter depuis 2008), rejoignant le cercle restreint des “vrais artisans” du secteur, comme le rappelle la Revue du Vin de France (source).

Les chiffres donnent le vertige : moins de 200 000 bouteilles par an, ce qui, en échelle alsacienne, relève déjà de l’artisanat plutôt que de l’industrie. La maison se fait remarquer régulièrement dans les guides spécialisés, autant pour ses rieslings ciselés que pour son approche subtile du crémant.

Le crémant d’Alsace : une tradition jeune, un savoir-faire exigeant

L’Alsace, c’est bien sûr le royaume du riesling ou du gewurztraminer, mais depuis 1976, il existe une Appellation d’Origine Contrôlée spécifique pour le crémant (source : INAO). Aujourd’hui, le crémant d’Alsace, toutes maisons confondues, s’exporte dans plus de 50 pays et représente environ un quart de la production totale de vin alsacien, soit 33 millions de bouteilles par an (source : Conseil Interprofessionnel des Vins d'Alsace).

Le crémant du domaine Kuentz-Bas s’inscrit donc dans cette histoire récente, mais avec une philosophie de vinification qui tient à cœur aux équipes : pressurage lent des raisins entiers, fermentation sans artifice, longues durées sur lies (de 24 à 36 mois, alors que le minimum légal est de 9 mois !). Ce soin du détail permet de développer des bulles fines, une aromatique précise et une signature qui ne doit rien au hasard.

Que goûte-t-on dans un crémant Kuentz-Bas ? Analyse sensorielle et secrets de fabrication

Qu’il s’agisse du crémant Brut Tradition ou du Brut Zéro, chaque cuvée est le fruit d’un choix minutieux d’assemblage : pinot blanc, pinot auxerrois, parfois un soupçon de riesling ou de pinot gris, mais toujours dans le respect de la fraîcheur et de la tension du terroir.

  • Robe : jaune pâle, reflets dorés, mousse élégante
  • Nez : fruits à chair blanche (pomme, poire), pointe de noisette, soupçons floraux. Les cuvées bio expriment parfois une minéralité plus prononcée.
  • Bouche : attaque vive, bulle fine, sensation crayeuse en finale, amertume discrète qui relève la gourmandise des fruits et allonge la persistance.

Certains crémants passent par une fermentation malolactique, d’autres non, selon les années et la vigueur du millésime ; la volonté étant de privilégier la finesse sur la puissance. Le faible dosage (souvent moins de 6g/L sur le Brut, voire zéro pour la cuvée éponyme) donne à ces vins une pureté qui séduit aussi bien l’amateur que l’initié.

À la dégustation à la propriété, on note un trait qui revient sans cesse chez les visiteurs : ce crémant n’est jamais “pompier”, jamais trop acide, ni d’une mousse agressive. Il joue la carte de la précision, avec ce je-ne-sais-quoi alsacien de digestibilité qui rend la flûte difficile à reposer.

Visite au domaine : immersion dans une cave familiale

Franchir la porte basse de la cour du domaine, c’est pénétrer un monde presque suspendu, entre boiseries anciennes et regards de chats accrochés aux fenêtres — une image souvent partagée sur Instagram (#kuentzbas). Ici, l’accueil reste simple, pas de chichis, et la dégustation se fait à l’ancienne sur un vieux comptoir, parfois avec un morceau de kouglof fait maison.

Le domaine propose régulièrement des événements : portes ouvertes, vendanges participatives, dîners dans la vigne. Pour s’y rendre, garez-vous sur la place du village et laissez-vous guider à pied jusqu’au 14 Grand-Rue. Durant la saison estivale, on croise des promeneurs allemands venus pour la vue et les Parisiens en quête d’authenticité.

  • Où réserver ? Directement par téléphone ou via le site officiel : kuentz-bas.fr
  • Tarifs dégustation : en général, la dégustation est gratuite pour 3 vins, comptez quelques euros pour les cuvées prestige (crémant inclus)
  • Période recommandée : septembre (vendanges, paysages spectaculaires), mais le printemps offre la magie des fleurs de vigne.

Un crémant “référence” ? Ce que disent experts, concours et guides

Kuentz-Bas n’est pas la maison la plus flamboyante en termes de marketing, mais le respect qu’elle inspire chez les connaisseurs ne faiblit pas. Plusieurs cuvées de crémant ont obtenu des médailles au Concours Général Agricole ou dans des concours régionaux ; le “Brut Tradition” s’est vu décerner des notes de 89 à 92/100 par le Wine Advocate (source : robertparker.com).

La RVF lui accorde régulièrement des éloges pour “sa droiture et son élégance salivante”. Les crémants Kuentz-Bas se retrouvent également sur les cartes des restaurants étoilés de la région, dont la Table d’Olivier Nasti à Kaysersberg, preuve de leur reconnaissance par la haute gastronomie.

Le prix public annoncé oscille entre 12 à 17 € selon la cuvée, un coût bien placé pour l’exigence de la pratique biodynamique et la durée de vieillissement en cave.

Suggestions d’accords acrobatiques : du baeckeoffe aux soirs d’été

Impossible de parler du crémant d’Alsace sans évoquer sa versatilité à table. Le crémant Kuentz-Bas s’associe magnifiquement :

  • À l’apéritif, seul ou avec des toasts de truite fumée
  • Avec une part de kouglof salé (parfait clin d’œil local)
  • En accompagnement d’une choucroute de la mer ou d’un baeckeoffe léger
  • Sur des fromages frais (bibeleskaes) ou des tartes aux quetsches

On le conseille tout autant pour célébrer un soir d’été qu’un anniversaire dans la lumière dorée d’un automne alsacien.

Pourquoi choisir un crémant Kuentz-Bas ? Arguments pour flâneurs avertis

  • Le respect du terroir : Vignes certifiées Demeter, approche biodynamique, recherche de pureté aromatique.
  • L’Histoire : Plus de deux siècles d’expertise, dans une même lignée familiale.
  • La cohérence : Une production qui mise sur la qualité plutôt que la quantité ; chaque bouteille est le fruit d’une sélection rigoureuse.
  • L’accueil : Rencontrer les vignerons eux-mêmes, dans une ambiance villageoise qui sent la tradition vivante.

Kuentz-Bas reste confidentiel mais accessible ; c’est un ambassadeur discret, sans tapage mais avec constance. Rien n’est laissé au hasard et chaque visite, chaque flacon, porte la trace de cette rigueur au service du plaisir.

Un crémant dans l’air du temps, une adresse à la croisée des inspirations

Le crémant du domaine Kuentz-Bas séduit pour son authenticité et la justesse de sa bulle : plus qu’un simple vin effervescent, il reflète la diversité des sols, le souffle des Vosges, le savoir-faire patient et familial. Son succès grandissant n’a rien d’un effet de mode, mais tout d’une reconnaissance bien ancrée.

À qui cherche la bulle d’Alsace, sincère et lumineuse, sur les traces du vent et des histoires anciennes, Husseren-les-Châteaux et le domaine Kuentz-Bas tendent le verre. La prochaine étape ? Aller, à pied ou à vélo, goûter sur place le secret qui pétille entre pierre et forêt.

En savoir plus à ce sujet :